Test comparatif totalement subjectif et arbitraire des optiques des lunettes TLD über-chères vs. raisonnablement abordables

Avertissement: que ça soit clair, je vends les Vortex et les Vectors mentionnées dans l’article. Je les ai choisi spécifiquement pour leur qualités, et ce test était pour valider le choix avant de les recommander à d’autres.

Tout a commencé quand j’ai testé la lunette « made in China » Vector Continental 34mm 3-18×50 FFP, et j’étais très impressionné par la qualité du verre. Je me suis dit, ne suis-je pas [dans le cadre de mes besoins] en train de me faire arnaquer par le label de marque, et, ne ferais-je pas mieux de dépenser le pognon plutôt dans le laiton et le plomb.

Résumé pour paresseux

Les lunettes modernes à [relativement] pas cher, en termes d’optique, valent bien les designs des grandes marques d’il y a 15-20 ans en arrière. La chinoiserie Vector et la Vortex « made in Philippines » se sont montrés égales, et même sur certains points supérieures à la S&B PMII 3-12×50 ! Toutefois, en termes de performances extrêmes (niveau de détails XTLD, basse luminosité, etc.), les designs plus récents « über haut de gamme » de Kahles ou de S&B restent supérieurs. La différence n’est, toutefois, pas bien dramatique — au coucher du soleil, au reste égal, il s’agit de 10-15 minutes de vision supplémentaire sur la dernière demi-heure de lumière.

Spécifiquement pour la Vector 34mm 3-18×50: c’est un design très compétent, avec une élimination de lumière parasite qui est très bien faite. Le verre et la mécaniques sont parfaitement convaincants, et la profondeur de champ (chose que je n’ai pas comparé par manque de temps) paraît parfaitement confortable . Dans l’optimisation de la conception, Vector semblent privilégier le contraste.

Disclaimer: ça vaut ce que ça vaut (les performances optimales d’une lunette peuvent se trouver ailleurs que sur 12x) et c’est très subjectif (mes yeux sont miens, et avec quelqu’un d’autre il y aurait peu-être eu un résultat un peu différent, etc.). Il n’y avait pas de mesures scientifiques à proprement parler.

Ceci dit, j’ai été immensément impressionné par la chinoiserie, et par les modèles récents plus généralement parlant. Ce n’est plus du tout, mais alors du tout pareil à ce que je voyais encore 10-12 ans en arrière, où il y avait la S&B, et — loin derrière — les autres, et en dessous de 2 tickets c’était à peine utilisable.

Concurrents

Sur la ligne de départ il y avait Kahles K 6-24×56, S&B PMII 3-20×50, S&B PMII 3-12×50, Vortex Viper PST Gen2 3-15×44, et la Vector 34mm 3-18×50, tous mis à 12x pour avoir une base de comparaison équivalente.

Je les ai, naturellement, démonté des carabines (un re-zérotage est le prix à payer) pour ne pas braquer les gens à 1.5 km de distance (oui, je suis un fanatique des 4 règles, et j’assume).

Luminosité parfaite

En luminosité parfaite (journée claire, soleil de dos, cible bien illuminée), jusque à 1200 m environ, toutes les lunettes donnaient à peu près pareil. Les images de la Kahles et de la S&B 3-20x étaient un poil meilleures, mais en termes pratiques, la différence était négligeable.

A plus d’un km, avec toutes les lunettes, je voyais bien les promeneurs avec leur équipement, pouvais distinguer si c’était un homme ou une femme, jusque à la couleur de chaussures et les feuilles sur les branches d’un petit buisson à coté de la route.

En conditions de luminosité parfaites, j’ai dû pousser jusque à 1586m pour avoir une différence discernable en identification de la cible (je regardais une maison de l’autre coté de la vallée). Et à 1586m le classement était comme suit:

1. Kahles K — parfait! Un vieux monsieur qui s’est mis à la terrasse avec son café était immédiatement identifiable comme tel, l’intérieur de la voiture garée à coté était visible (dossiers de sièges, etc.), le niveau de détail était superbe.

2. S&B 3-20x — pas loin derrière la K. L’optique semble mieux optimisée pour le contraste, plutôt que la résolution. Les objets « sautent aux yeux », mais pour les détails il faut se concentrer un peu plus.

3=4. La Vector et la Vortex. Ces deux se valent, mais c’est un peu le même scénario que (1) et (2). La Vector est optimisée pour le contraste — les objets sont immédiatement visibles, mais il faut regarder plus pour discerner les détails. La Vortex — c’est l’inverse. Perso, je préfère le contraste. (Au passage, le réticule EBR-7C que Vortex mettent sur leur lunettes récentes est, à mon goût, trop fin et un peu surchargé.)

Ceci dit, à 1586m, quand même, on commence à voir une différence sérieuse par rapport aux deux champions. Le vieux à la terrasse sous un arbre ne ressort pas en tant que tel. Si on sait qu’il est là, on voit, bien sûr, une silhouette humaine, mais l’identification n’est pas immédiate. L’intérieur de la voiture n’est pas détaillé.

5. La S&B 3-12x — suit de près la Chine et les Phillipines, mais n’a ni le contraste de la Vector, ni les détails de la Vortex. Ça, c’était une surprise! La S&B 3-12x est un peu ma lunette fétiche, et j’étais halluciné de voir qu’une chinoiserie au tiers ou quart du prix arrive à faire autant, si ce n’est pas mieux.

Luminosité mauvaise

En mauvaise luminosité j’avais 2 scénarios: soleil dans la figure (cible illuminée et cible à l’ombre), et crépuscule — à partir du moment où le soleil a disparu derrière la montagne, et jusque au moment où il faisait nuit noire.

Pour le test « soleil dans la figure », moment d’apparition d’artefacts visibles de lumière parasite:

16:20 — S&B 3-12x
16:45 — Vortex
16:55 — S&B 3-20x

La K et la chinoiserie n’ont pas eu de reflets parasites jusque au bout.

La seule optique qui ramassait vraiment beaucoup de lumière parasite était la S&B 3-12x — au point de sérieusement compliquer la visée quand le soleil est descendu assez bas.

Classement « soleil dans la figure, cible illuminée », 16:30-16:50, distance 1120m:

1=2. Les deux champions. Aucune différence décelable de performances.

3=4. S&B 3-12x = Vector. Résolution des détails moins aisée qu’avec 1-2 (image moins contrastée), mais toujours possible; un pare-soleil aurait été d’une grande utilité.

5. Vortex — l’angle particulier que le soleil avait à ce moment par rapport à l’axe optique, sans pour autant éblouir ou faire des halos ou de flares, donnait une image « plate » surilluminée avec très peu de relief. Pénible.

Classement « soleil dans la figure, cible à l’ombre », 17:15-17:35, distance 1120m:

1. S&B 3-20x — la seule (malgré quelques reflets parasites) qui permet de clairement distinguer la texture de l’herbe et les silhouettes de petites branches.

2. K — suit pas loin derrière, mais les détails de l’ombre ne ressortent pas tout de suite, il faut se concentrer.

3=4. Vortex = Vector. La texture de l’herbe n’est pas visible, mais les buissons se lisent ok. La Vortex paradoxalement marche mieux qu’avec un soleil plus haut.

5. S&B 3-12x — pas terrible, à peine utilisable. Quand la cible est passée à l’ombre, le soleil bas donnait tellement de lumière parasite, que ça empêchait de voir les détails, on distinguait juste les grandes formes.

Le soleil est passé derrière la montagne à 17:40. Jusque à 18:15 à la distance de 1120m il n’y avait pas de différence notable de performances entre les 5 lunettes. (La visée était très facile, surtout en comparaison avec le soleil dans la figure.)

Ce qui suit est simplement le minutage de détails discernables dans les 5 lunettes, au fur et à mesure que l’obscurité envahissait l’observateur.

18:15-18:25

1=2. Les deux champions. Là, encore, on voyait que la K était plus optimisée résolution, et la S&B — plus contraste.

3. Vortex. Excellent. Pas loin derrière 1=2, il fallait vraiment chercher les petits détails qui étaient visibles dans 1=2, mais pas dans 3.

4=5. Vector = S&B 3-12x. Image plus plate et plus « blanche ». Il faut se concentrer plus pour distinguer les détails et les textures.

18:30-18:40, cible à 1478 m (chalet avec un mat à drapeau devant)

1. S&B 3-20x — buissons détaillés, mat bien visible.

2. K — buisson visible, mat visible.

3. Vector — buisson visible, mat à peine visible.

4=5. Vortex = S&B 3-12 — buisson flou, mat non-discernable.

18:45-18:55, le chalet à 1478 m + une grange à 1328 m

1. S&B 3-20x — mat à peine visible, planches du mur de la grange bien visibles

2. K — mat à peine visible, planches du mur de la grange floues

3=4=5. Les 3 autres. Mat invisible. Planches à peine discernables. La Vortex commence à avoir un « eye-box » un peu délicat, dû à sa plus petite pupille de sortie et mes pupilles dilatées dans l’ombre.

19:00 La S&B 3-20x est la dernière qui permet de distinguer les planches. Dans les autres il n’y a que la silhouette de la grange.

19:10 La S&B 3-20x et la K permettent de distinguer la silhouette de la grange. Dans les autres on ne voit plus rien.

19:15 Plus rien, c’est la nuit.

Conclusion

L’essentiel a été dit dans l’introduction « pour les paresseux ». On n’est plus au 20ème siècle. Avant d’acheter une optique qui coûte autant qu’une voiture d’occasion, regardez à travers quelques autres lunettes dans vos conditions de tir typiques. Il se peut, que la différence de prix serait mieux dépensée en quelque milliers de cartouches, qui feraient de vous un meilleur tireur, ce qui vaut plus cher que tout équipement.

Test comparatif totalement subjectif et arbitraire des optiques des lunettes TLD über-chères vs. raisonnablement abordables
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